Yuki et Nina: sont en bateau. Le bateau coule, qu'est-ce qui reste ?

Publié le par Glauktier

Tiens voila un film touchant ma situation (de loin). 1H30 sur une relation France-Japon qui pourrait s'avérer être intéressant. Sorti en 2008 et co-réalisé par Nobuhiro Suwa et Hippolyte Girardot, on peut voir qu'il a fait pas mal l'unanimité dans la presse française. Je suis loin de penser la même chose mais ça va servir d'exercice pour déceler les tares du cinéma français (après en avoir vu les bonnes choses dans Mammuth).

 

Yuki et Nina

Moi aussi j'ai tiré cette gueule après avoir vu le film

 

Yuki (moins de 10 ans) vit avec sa mère japonaise et son père français dans un appartement de Paris. Elle et sa super copine, Nina, vont ensemble à l'école et sont très proche. C'est bientôt les grandes vacances d'été et c'est le moment de faire les plans pour partir ensemble comme les années précédentes… Sauf que la vie ne fait pas toujours ce qu'on voudrai et les parents de Yuki prennent la décision de se séparer, sa mère décidant retourner vivre au Japon d'ici 15 jours en emmenant sa fille, Yuki, avec elle.

 

Voila une trahison comme seul les français savent les faire. Un pitch ma foi intéressant (pour ceux qui comme moi s'interesse à la relation France-Japon) qui n'est servis par rien d'autre que son idée pendant 1H30. 2 jours avant j'ai regardé deux excellents films (dont je vous parlerais prochainement) ce qui a fait que Yuki et Nina a beaucoup souffert de la comparaison.

 

1- Les Plans. Mon dieu ! Qu'on jette cette pathétique envie qu'à le cinéma français de faire des films décadrés ! Pendant bien la moitié du film pas mal de comédiens sont hors champs, cachés par des éléments de décors ou par d'autres comédiens. Ça sent la mauvaise direction, la confusion d'idée et le scotch-carton. On me répondra surement que "c'est parce que le film veut mettre en avant la vision des enfants". Ce n'est pas une idée nouvelle dans le cinéma et malheureusement, même avec ce bon sentiment, on est pas bien devant le film. On cherche les émotions, les acteurs, les prises de vues (audacieuses) qui narrent bien les séquences et au lieu de ça, tout est caché par maladresse, bien souvent. Yuki et Nina est mal filmé.

 

2- Les Acteurs. Ok c'est dur de faire jouer des enfants. Je veux bien comprendre. Mais des adultes par contre, là un peu moins. Encore une fois, ce film propose des dialogues dont on sent l'improvisation à plein nez. Les acteurs bafouillent, prennent des tons pas naturels, sortent de leur rôle (pour les enfants surtout) et ne sont pas crédible. Mis à part le rôle du père, le reste est dur à avaler, surtout quand le film montre à 80% des scènes avec des enfants qui jouent mal. On ne rentre pas dedans et on les observe avec une certaine gène pour eux. La gène du mauvais film. On sent la caméra pas loin, on sent l'équipe de tournage qui se tait, on sent que les enfants regardent le réa, hors-champs, agenouillé à leur niveau.

Et puis alors les prises de positions des comédiens, genre je joue la mère complice, ou plutôt la comédienne qui va faire réagir les enfants en semi-impro pour que la caméra choppe des instants de vérité sur des sujets sérieux comme le divorce traité par des fillettes. No way. C'est pas du Maurice Pialat. C'est mal réalisé et ça se voit à 100 km. Achetez-vous des enfants si vous voulez les voir réagir et se dire "ooooh c'est mignoooon" mais ne nous infligez pas ça ! Soit vous écrivez un texte crédible, soit vous faites autre chose.

 

3- Le Scénario. Le pitch de départ est bien. Je pense que j'aurais aimé le voir développer de façon différente. Le film raconte comment vivent les enfants dans cette situation sauf que ce qui nous est montre c'est plus un film sur le divorce qu'un film sur la différence de culture qui là, aurait été passionnant. FAILED. On nous raconte l'été d'une fillette qui veut remettre ses parents ensemble et qui ne veut pas partir dans un pays inconnue. Ok bah y'en a plein d'autre des films comme ça, et mieux racontés, filmés, joués. Ensuite, le Cinéma Français nous joue encore une sale manie. Faire croire que montrer des scènes de quotidien va être intéressant à l'écran. NON. Le quotidien c'est chiant à mourir ! C'est pas intéressant ! Le quotidien on en a tous les jours autour de nous, pourquoi on irait encore perdre 1h30 de notre quotidien pour voir celui des autres ?! Faut être un génie pour rendre un quotidien passionnant ! Clairement, les scènes sont longues et emmerdantes à souhait. On ne découvre rien à part que les enfants ne savent rien, que la vie est dur mais qu'il y a bien pire ailleurs.

 

Comme on en croit pas aux acteurs on à le sentiment que dès que la mère parle en japonais, c'est pour faire style et que SURTOUT, en tant que bon film bientôt diffusé sur Arte, les dialogues en japonais NE DOIVENT SURTOUT PAS ÊTRE TRADUITS ! Ah bah non les mecs ! c'est la réalité voyons ! Tant pis pour les 20 minutes de films ou ça parle japonais et ou le public français n'y pige rien ! Cela dit on se console en se disant qu'au Japon, le français n'a pas été sous-titré non plus. Ah bah, désolé public japonais, c'est la réalité, faut s'y faire ! Faut pas nous faire chier, nous, les réa français !… Mais… à part perdre le peu de public qui s'est accroché tant bien que mal au film, pour faire ça ? Pourquoi tant de haine ? Bon, on peut quand même se dire qu'on évite les sous-titres jaunes alors ça va.

 

Pour moi, Yuki et Nina est un film raté. Y'a des enfants, pour ceux qui aiment les enfants, un peu de Paris bobo-japonais, pour ceux qui aiment le Paris bobo-japonais, de la symbolique à deux balles (la forêt), pour ceux qui aiment la symbolique à deux balles, beaucoup de France, pour ceux qui aiment la France, et un aperçu trop rapide du Japon, dommage pour ceux qui aiment le Japon. Si vous pouvez l'éviter, je pense que vous n'y perdrez pas.

Publié dans Grosses daubes

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