The Ghost Writer: payes ton atmosphère à 8 Césars

Publié le par Glauktier

J'ai envie de dire "tout est dans le titre". Roman Polanksi signe un nouveau film et au vue des récompenses qu'il a obtenu, le monde du cinéma courbe l'échine. Ce n'est pas sans compter votre fidèle (HUM !) chroniqueur, viré outrageusement de chez Radio France pour avoir dénoncé publiquement que notre président était chauve…

 

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L'homme que nous voyons, trimbalant, comme un âne irresponsable, son travail qui se répand au gré du vent, est un nègre littéraire. Un célèbre, même ! De bon matin, son agent (qui sera plus tard responsable d'une troupe de survivants en proie à des hordes de zombies) lui trouve un place en or: remplacer le nègre décédé de l'ancien premier ministre anglais et en finir les mémoires (ou sa biographie). Le poste est urgent, bien payé mais très mystérieux. Notre nègre est alors emmené jusqu'à la résidence personnelle et très bien gardé d'Adam Lang, sur une île pas très habité au large de la Nouvelle-Angleterre. Valdingué entre toutes les mesures de sécurité, notre héros subit le coeur d'une crise nationale mettant à mal la popularité de Lang, accusé d'avoir livré des prisonniers terroristes à la CIA afin qu'ils y soient torturés. Ne craignez rien, vous comprendrez tout pendant le film.

 

Il y a plusieurs choses très réussies dans ce film. En premier lieu, l'ambiance, l'atmosphère. Filmé dans une tonalité grise alimentée par la mauvaise météo et à l'image du plomb qu'a dans l'estomac notre héros, on rentre dedans en clin d'oeil et on reconnaît la patte du maître. L'île quasi désertique, la maison (aussi moderne et protégé que froide), la mer scellant les résidents à terre au bord des flots, le ferry comme unique échappatoire et lieu du précédent "homicide"… tout est fait pour vous sentir prisonnier sans l'être concrètement. 

 

Les relations qu'entretiennent les personnages entre eux seront aussi une clef du malaise et du mystère entretenu tout au long du film. Des non-dits ? Un mort dans le placard ? infidélités ? Pire encore ? Notre bon Obi-Wa… Ewan McGregor se fait torpiller à longueur de temps, pauvre innocent qu'il est. Pierce Brosnan est un ex-premier ministre colérique, tendue et mystérieux, parfois sensible et victime puis parfois sombre à en faire frissonner l'échine. Pourtant ce ne sont pas les acteurs qui m'ont marqués.

 

Le mystère du film, on le l'obtient pas tout de suite. On rentre d'abord dans les relations compliquées et dans la pesanteur des lieux. Puis vient l'intrigue. Comment ? Le précédent nègre très apprécié de la famille n'aurai pas trouvé la mort dans un accident ? Comment il a laissé des documents secrets ? et patiti et patata. Pourtant Roman Polanski sait parfaitement diriger une intrigue et sa technique est irréprochable mais je n'ai pas accroché. En premier lieu parce que les tenants et les aboutissants du mystère sont soit déjà vues, soient mal expliqué au début. Ce n'est que vers la fin du film qu'on comprend vraiment les enjeux et encore, cela parait si loin de nous qu'au final on se bon "Ouais bon… tout ça pour ça.". Complots, mensonges et calomnies se jouent au dessus de nos tête pendant bien 1h de film. On apprécie l'ambiance mais on suit le film de loin.

 

Le concept du film (adapté du livre L'Homme de l'ombre de Robert Harris) reste intéressant en jouant sur le principe du nègre qui fait la lumière sur un mystère entourant son client, un ancien premier ministre et toute sa politique. D'ailleurs le film est doté d'un détail non négligeable. Vous ne connaitrez jamais le nom du héros car comme le veut son rôle, c'est un "ghost" (il se présente tout le temps comme ça). Une personne faite pour ne jamais être mis en avant.

 

Bref, personnellement, moi, je…

Autant The Ghost writer est un film techniquement réussi, autant je dirais que comme dans Top Chef, il lui manque de créativité. Un bon film allie technique ET créativité. À mon goût il ne mérite pas tout les césars qu'il a remporté et il ferai bien d'en passer un à Almodovar. Quoi qu'il en soit, si vous le regardez, vous apprécierez le film (bien qu'il soit looooooooooong à mes yeux) mais peut-être qu'il ne marquera pas plus que ça. Est-ce que c'est cela qu'on attend du césar du meilleur film ?

Publié dans Pour les curieux

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