Tekken : Quel est ta limite ?

Publié le par Glauktier

Fan des 3 premiers opus de la série de jeux de combat ainsi que de son back-ground, j’ai saisi l’occasion de voir Tekken, le film. Il fallait que je voie comment le "lore" était respecté, quels étaient et comment étaient les personnages figurant à l’image et enfin si le scénario tenait la route. La malédiction des adaptation de jeux vidéos continue.

 

 Tekken-Poster

      L'affiche japonaise de Tekken que j'ai trouvé plus classe que les autres, qui sont vraiment limite.

 

Après une récente troisième guerre mondiale, le monde n’est plus dirigé par les pays mais par 8 grandes entreprises. L’une d’elle, Tekken, organise tous les ans un tournois, l’Iron Fist, ou s’affrontent des combattants représentant une des sociétés. Dirigé par le grand Heihachi Mishima et par son fils, le méchant Kazuya Mishima, responsable de la sécurité de la ville Tekken et de ses bas-fonds, la gigantesque Corporation est responsable d’une situation dictatoriale qui n’en finit pas de faire des victimes dont Jun Kazama, la mère de Jin Kazama notre héros doué en arts-martiaux. Avide de vengeance, celui-ci va trouver le moyen de participer au tournois de l’Iron Fist.

Bon, je suis magnanime en ce qui concerne les adaptations scénaristiques alors à la limite, pourquoi pas.

 

Il faut préciser que l’histoire de Tekken (qui signifie en japonais, le poing de fer, d’où l’Iron Fist tournament et d’où cette perpetuelle redondance) est forte. À l’origine, c’est toute une histoire d’héritage de famille. Le puissant karatéka Heichachi Mishima possède sa grande entreprise Mishima et organise son grand tournoi. Le vainqueur gagnera les rènes de la société. Oui, direct. Et c’est l’occasion en or pour Kazuya Mishima, jeune fils d’Heichachi, un peu loubard, rejeté et déshérité par son père, de reconquérir ce qui aurait dû lui appartenir. Qu’à cela ne tienne, à la fin du premier tournois, il gagne et jette son père du haut d’un volcan.

Dans le second opus, Kazuya dirige d’une poigne de fer (c’est peu dire) son entreprise. Il se révèle être un pur méchant, bad-guy qui a d’ailleurs passé un pacte avec le diable. Classe et charismatique, il perd contre son père (sorti du volcan en cinématique d'intro et demi-clochard du coup) à la finale du second tournois qu’il avait organisé (à la demande des joueurs du monde réel, faut bien l’avouer). Histoire de marquer le coup, Heihachi jette son fils dans un volcan (en feu cette fois) ce qui marque la fin de la vie de l’avide héritier.

C’est 19 ans plus tard que le vieux Heichachi réorganise un tournois dont l’un des favoris s’avère être Jin Kazama, son petit fils. Oui, fils de Kazuya et de Jun kazama (personnage combattante présente dans Tekken 2 et pratiquant l’Aïkido –de mémoire-), Jin est touché par une malédiction qui inquiète son grand père (Heihachi). Afin de l’exorciser, il fait participer l’entité responsable, un dieu Aztec (oui, y’a un peu de mystique dans le back ground et ça le rend d’ailleurs plus cool). Devinez qui gagne ?

Jin, oui, mais complètement possédé par la malédiction (qui est finalement une malédiction de famille, d’où le pacte de Kazuya avec le diable), il s’envole dans les cieux, laissant Heichachi aux mains de sa société. Afin de retrouver son petit-fils, il réorganise une quatrième fois l’Iron Fist Tournament sauf qu’un invité imprévu se sélectionne… Kazuya Mishima, revenu d’entre les morts. C’est à partir de là que j’ai arrété de suivre la série, un peu lassé, même si Kazuya était toujours méchamment classe.

 

Pourquoi je vous raconte l’histoire primaire des Tekken ? Pour vous rendre compte du fossé qu’il y a entre le film et l’adaptation. Mais bon, j’ai envie de dire, « à la limite».

 Alors un monde en totale dictature et un tournoi ou finalement le gagnant ne remporte rien. Texto, comme ça, dans le film, ils n’expliquent jamais l’intérêt qu’ont les combattants à se matraquer la figure. Alors bon, à la limite. C’est du divertissement, bon, ok.

La situation du film reste quand même assez confuse. La société qui contrôle la ville s’appelle Tekken. La ville s’appelle Tekken et la monnaie c’est des Tekken. Le tournois c’est le tournois Tekken, aussi appelé Iron Fist Tournament (qui signifie tekken). Euh, les scénaristes, vous auriez pas pu être clair ?

 Des petits détails marrant, décrédibilisent un peu le film. Je l’ai vu en VOST et bien qu’il soit produit en anglais, les soldats (les JACKS, qui n’en n’ont pas la carrure) parlent en japonais. On ne comprend pas pourquoi, on le subit juste. Bon, ils ne disent pas grand chose et ne font surtout que d’obéirent aux ordres, alors, bon, à la limite.

 Le truc drôle c’est que pour faire sa place, le jeune Jin défait un Marshall Law bien gras par rapport à l’original, déjà adapté de Bruce Lee. Une fois vaincu, il est connu au tournois sous le nom de « Jin, the people choice ». Comme il vient de la banlieue bidon-ville, il représente le peuple. Bon. Une fois, deux fois, ok. Mais il est tout le temps appelé comme ça ! Dés qu’on le présente c’est « Jin, the people choice » qu’on l’appelle (le tout avec un ton très sérieux)… C’est un peu lourd les mecs ! Mais bon… à la limite.

 L’adaptation en film comprend une « mise en acteur » des personnages. Pour le coup, on en retrouve une poigné, plus ou moins bien trouvé. Jin, par exemple, un peu asiatique avec son gel indécoiffable, est pas mal, ainsi que Heichachi Mishima. À la limite, ça, ça va. Kazuya en revanche, occidentale parmis les occidentales, on le sent un peu moins affilié à son père, méga-japonais. Mais bon, à la limite. D’autres personnages sont présent, Eddie Gordo, Bryan Fury, Marshall Law, Christie, Nina et Anna Williams etc… et sont pas mal trouvé non plus, sans chipoter. À la limite, ça, ça va aussi. Y’a quelques lignes de scénario pas super respectés (Christie est, normalement, l’élève d’Eddie Gordo et pratique la capoéra, Nina et Anna ne peuvent pas se sentir et sont rivales), mais bon, à la limite.

 

Tekken Film

Kazuya Mishima… Vraiment à la limite !


 Les décors du tournois sont posés dans la salle par des intermittents du spectacle hyper compétents et rapide parce qu’il suffit que le round soit annoncé (genre « Temple !! » ou « Japan !! ») et immédiatement, dans la seule et unique salle de combat se trouve déjà des colonnes en pierre ou des sakuras japonais en fleurs accompagnés de Tori rouges. Chapeau les mecs ! À la limite, ça, c’est rigolos plus que crédible, mais on en fais pas une histoire.

 L’intrigue n’est pas le point fort du film (ni même les combats d’ailleurs, désolé). Les héros subissent un scénario pas vraiment impressionnant. Jin va perdre tous ses combats puis se souvient des enseignements de sa mère, se relève et gagne (tel Athena et Seiya, si si !). Y’a des tirs de mitraillettes, des flash-back (dans un film d’1h30, voyons !!), des phrases et des situations ridiculement pensées… Bon, vraiment, à la limite, bon.

Mais alors, là ce que je ne comprends pas, c’est qu’il s’agit d’une adaptation d’un jeu de baston. Un jeu qui a, à son actif, plus d’une centaine de combattants avec tous un style personnel très distinct (c’est aussi ce qui a fait la force du jeu) et, dans le lot des 8 combattants de l’Iron Fist, on a 2 sous-combattants qui sortent des versions récentes et qui n'ont aucun charisme !! Non-mais-sans-dec’ ?! Qu’est-ce qui vous prend ??! Déjà que l’histoire est nulle, le contexte vaut pas un clou et les combats pas terrible, vous allez nous placer 2 personnages dont on a rien à faire ?! Ça non. Désolé, mais ça non. C’est vraiment une décision condamnable.

Alors histoire d’en rajouter une couche, Kazuya vient se battre à la fin – en tant que big méchant- avec deux haches ! Mais vous cherchez à faire perdre toute dignité à la série ?! En plus il crève en deux secondes alors qu’il doit résider dans ce dernier combat une tension énorme avec un affrontement final dantesque ! Tout raté ! FAILED !! En plus, j’aurais aimé avoir comme finish le fameux uppercut de la famille Mishima mais non. Aucun véritable coup célèbre venant du jeu. Le film est assez fidèle sur certains points mais oublie qu’il en est une adaptation de jeux de baston, dommage. Rien d’héroïque, juste du déjà vu sans intérêts.

 

Alors bon, Tekken, c’est pas à voir, ni à regarder, ni même à visionner. Cette adaptation coupe tous projets d’en faire une meilleure plus tard et c’est fort dommage parce que je trouve que l’histoire du jeu  avec ses personnages forts et charismatiques a de quoi faire quelque chose de puissant et de satisfaisant. Si jamais vraiment vous n’avez rien à faire un soir, dans l’optique de vous détendre les neurones ou encore si vous êtes un teenager dans l'âme et que vous aimez voir des filles qui portent bien leur pantalon, vous pouvez vous diffusez le film, mais vraiment, vraiment, à la limite.

 

 

Pour les curieux, voici le casting du film, avec notamment des personnages qui n'apparaissent pas dedans (tel Marduk, Xia-yu, ou Paul Phoenix qui est à peine cité):

tekken10

Si si, Yoshimitsu est dans le film (pas trop mal d'ailleurs) !

Publié dans Grosses daubes

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Nana 17/09/2010 21:53


Ce jeu m'a donnée de bonnes parties de plaisir. Mon personnage préféré est Xiaoyu.
C'est assez représentatif je trouve...