Thirst: qui a bu boira

Publié le par Glauktier

Le seul fait qu'il était réalisé par Chan Park-Wook (Old Boy, Lady vengeance et de la trilogie Vengeance en fait) m'a donné envie de voir ce film. L'envie de retrouver des émotions tel que vécu sur ses précédentes productions m'animait mais… que ce cache donc derrière ce conte d'horreur coréen cette fois ?

 

thirst

 

Sang-hyung est un prêtre catholique qui se porte volontaire pour un test sur un vaccin d'une maladie mortelle qui fait des ravages. Ça tourne mal et il frôle la mort, ou plutôt revient à la vie par une transfusion de sang inconnue qui le transforme peu à peu en vampire. Sa métamorphose remettra plus d'une de ses convictions en cause.

 

Étonnant, Chan Park-Wook mène d'assaut deux thématiques, celle du vampire et celle de Thérèse Raquin, d'Emile Zola, c'est à dire de la hantise du meurtre. Décidément ce coréen à de la suite dans les idées puisqu'il les marie sans soucis à travers une corée contemporaine. Il garde intensément en premier plan l'évolution de la psychologie de son personnage, pure chrétien, chaste et généreux qui finit par tomber dans les abîmes des pêchers humains sans quitter l'espoir d'une éventuelle rédemption.

Ce qui est très intéressant aussi c'est que Chan Park-Wook ne joue pas sur une seul personnage mais sur deux, qui vivront cette transformation de façon bien différente, qui plus est une femme, histoire d'être bien aux antipodes. J'essais de ne pas trop en dévoiler quand même.

Vraiment, c'est inattendu ce mix. Le thème du vampire contemporain est bien développé indépendamment de l'autre. On l'imagine parfaitement dans notre réalité, parfois même mieux que True Blood. Puissance physique décuplé, vol, hyper sensibilité, régénération hyper rapide, soif de sang, tentations… tout y est sans les aspects cheaps. Mais le vampires montre bien des faiblesses et sa destiné n'est pas forcement enviable.

De l'autre, la hantise du meurtre est rondement mené, entre humour noir et parfaite angoisse. Les images sont claires et communicative. Pour une fois au cinéma, on sent des personnages regretter amèrement leur geste, poursuivis sans cesse par leur fantômes à n'en plus dormir.

Je reprocherais tout de même au film d'avoir un début un peu long qui met en scène l'absorption de la maladie jusqu'à la rencontre entre les deux principaux protagonistes. En fait, ce film fonctionne par à-coups. De temps en temps on est complètement dedans, à d'autres on décroche, puis on réintègre le film, ce qui en fait un film un peu inégal. Néanmoins, certaines séquences gardent une grande force, dû à la mise en scène parfois grandiose accompagné d'une musique philharmonique comme Chan Park-Wook nous a habitué depuis Old Boy.

 

J'ai trouvé film bien développé et fort intéressant mais tout de même en dessous de ces deux oeuvres de génie. La qualité d'image et de scénario est bien au delà de nombreux films français ou américains, mais il garde quand même pas mal de longueurs ce qui pèse tout de même sur mon appréciation. Il sera apprécié des personnes un peu curieuses.

Publié dans Pour les curieux

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