Quartier Lointain: le manga qui nous parle

Publié le par Glauktier

Je vous arrète tout de suite ! Contre tout attente, nous n'allons pas parler d'un manga comme d'ordinaire, qu'on feuillette, qu'on lit avec passion ou qu'on regarde avec dégout, ayant peur du sexe et de sa violence dont il est bourré. Bien qu'il s'agisse du manga "Quartier Lointain", de Jirô Taniguchi, que certain ont déjà aimé alors que d'autres ont pris ça pour une BD occidentale, cette critique sera bien différente. Cette fois, nous parlerons d'un manga qui parle, d'un manga qui s'exprime, d'un manga rejoué "en live", d'un manga mise en scène au Théâtre.

 

 

 

 

quartier lointain

           "Quartier Lointain" mis en scène par Dorian Rossel, jusqu'au 29 octobre 2011 au théâtre Monfort, à Paris

 

 

 

Hiroshi Tanaka est un bon salary-men (travailleur classique) d'age moyen, père de famille et complètement casser par sa cuite de la veille. En plein voyage d'affaire il se trompe de Shinkansen (TGV) et se retrouve bloquée dans sa ville natale pour quelque heure. Puisqu'il est l), il en profite pour aller visiter la tombe de sa mère qui a eu le courage de bien l'élever seule, lui et sa soeur, depuis le départ inexpliqué de son père lorsqu'il était jeune. Un moment d'absence ? Une crise de sommeil aïgu ? Hiroshi s'endort subitement à côté de la tombe pour se reveiller… à l'age de ses 14 ans, revenant à l'époque où sa famille était encore au grand complet. Rève ou réalité ? Peu importe, il va en profité pour découvrir pourquoi son père les a quitté.

 

 

Parce qu'il faut le faire, quand même, d'adapter un manga (ou une BD simplement) en scène vivante. Au début j'ai été très sceptique sur le principe et puis je me suis dit qu'après tout, on adapte bien des livres en film. Ce procédé BD>Théâtre était juste peu ordinaire. Je me suis donc rendu librement au Théâtre Monfort et, confortablement installé car la salle n'était qu'au 3/4 remplie, j'ai profité du spectacle.

 

J'ai bien dû lire ce manga 2 ou 3 fois et comme à mon habitude, je retiens les choses inutiles. C'est donc pendant près d'une heure trente que chaque tirade me rappelait les bulles et que chaque position des acteurs me rappellait les cases. J'ai relu et vécu le manga à la fois en assistant à cette pièce de théâtre, mise en scène par Dorian Rossel. Je peux le dire, c'est très fidèle.

Fidèle mais pas pour autant embêtant car "Quartier Lointain" est une belle histoire que l'on apprecie à chaque fois qu'on la lit. Dorian Rossel a aussi bien su couper les passages en trop (réduire l'importance de l'amourette par exemple) et donner plus d'importance à ceux qui soutiennent le récit (l'histoire de ses parents, le monologue de son père…). Le spectacle passe donc très vite, pris dans l'histoire, dans l'ingéniosité de sa la mise en scène, dans le jeu des comédiens. On ne s'ennuie pas, on adore !

 

Si on s'interresse de plus prêt à la mise en scène, Dorian Rossel à décidé de mettre en place 2 espaces disctincts. L'avant scène sera toujours vide, laissant une grande place au comédiens pour mimer différents lieux et souvent mimer différents cadrages. En fond, il y aura un décors sobre mais bien pensé, sur plusieurs niveaux légrement élevés, qui rappelle aux premiers abords une maison japonaise avec 1 étage, mais aussi, un espace divisé en case. Très ingénieux ! Ainsi, alors que les scenette se déroulent sous nos yeux, nous assistons aussi à des cases vivantes sans vraiment le sentir. Un rapport, ou un hommage au manga et à ses séquences. Bien pensé !

 

Les comédiens nous l'informent dès le départ: ils joueront plusieurs rôles. Ça peut déboussoler un peu mais finalement on l'oublie dès l'instant suivant, bercer par l'histoire et aidé par les astucieux costumes simples qui différencieront les personnages de "Quartier Lointain". D'ailleurs, les comédiens étaient plutôt bons et très dynamiques. C'est grâce à la diction parfaite et à leur énergie que l'on passe un sympathique moment et que l'on ressort de la salle plus léger qu'avant, le sourire en coin.

 

Ce que j'ai aimé aussi c'est qu'il n'y eu aucune concession. Les noms sont tous japonais, les termes sont japonais et les ambiances sont japonaises. Pas d'adaptation pour le public français. Il y a même une chansonnette envoutânte, chanté par les comédiens, en japonais. Il n'est pas question de purisme, il est question que l'histoire se déroule au Japon et est japonaise. Le contexte est très important et cela, on ne le sait que lorsqu'on connait bien ce pays, ces moeurs et qu'on a compris l'histoire. Ce qui se passe dans le récit est typiquement japonais mais aussi terriblement individualiste. Cela participe au fait que les lecteurs occidentaux ont beaucoup apprécié cet ouvrage. Il est question d'abnégation de soi pour sa famille mais aussi d'une rupture et d'une volonté de liberté individuelle et ça, c'est exceptionnel pour un japonais. Pour que le récit frappe par sa force, il faut donc représenté tout le contexte autour.

 

Je reviens très rapidement sur l'Amourette dans l'histoire. On sait à quel point les japonais sont taquins avec les Lolita mais dans le récit c'est le héros de 14 ans qui va sortir avec une fille de sa classe du même âge. Bon, dans le manga, le personnage est, visuellement, un jeune garçon de 14 ans alors ça choque pas. Mais dans le spectacle, et c'est peut-être le seul reproche que je ferais, ce moment là es joué par l'acteur de 40 ans qui joue donc le héros qui à 14 ans. Et j'ai été un peu dérangé par la scène ou la fille désire être embrassé (je spoil pas vous devriez avoir lu ce manga). Ben…là ça fait un peu pédo. Gentiment, hein ! Parce qu'il ne l'embrasse pas, de toute façon. Mais là je me suis dit "c'est quand même typiquement japonais", une vision dont je ne m'étais pas rendu compte. Taniguchi n'est pas un vilain pervers, bien sûr, mais quand même. Cette scène m'a un peu choqué.

 

 

Sincèrement, "Quartier Lointain" mise en scène par Dorian Rossel est un excellent spectacle. 1) parce qu'il est soutenue par un recit prenant et poignant. 2) parce que la mise en scène est intuitive et bien pensé. 3) parce que les comédiens ne bafouillent pas en chantant du japonais et qu'ils sont terriblement dynamiques, boostant l'histoire. 4) Parce qu'une occasion comme celle-là est tellement rare au Théâtre !

Filez le voir ! Croyez-moi vous pouvez y aller les yeux fermés. c'est un bon moment à passer, seul, en couple ou en famille ! C'est jusqu'au 29 octobre au Théâtre Monfort, à Paris.

Publié dans Mangas à lire

Commenter cet article

omnitech guides 23/12/2014 08:40

I’m sure this is going to be a challenging task for all the actors. But we have got an experienced crew here. So there will not be much of a concern. I’m excited about this project. Wishing you guys all the success.