Kaamelott: Les bons cons font les bonnes séries

Publié le par Glauktier

Une fois de plus, j'accuse un retard, mais peu importe car quand il s'agit de courir, je pars à point et non à chute. Excellente phrase d'introduction qui ne veux rien dire et même qui me ridiculise devant toute la Toile, une fois de plus. Kaamelott, à l'époque de ses diffusion sur M6, ne me faisait ni chaud ni froid. Clairement je n'avais pas pris le temps de me pencher dessus, préjugeant la série tel un erzats de "Samantha" et autres "Plus Belle la Vie" pas foutu d'aligner un texte juste ET drôle. Il faut dire à ma décharge que je regardais peu la TV à cette époque. Ben voila que je l'ai eu dans l'os, l'emblème M6 ayant fait plus de mal que de bien… il s'agissait là d'un produit de qualité mais je ne vous apprend rien.

 

kaamelott

 

La forteresse de Kaamelott est érigée, la table ronde est prête, il ne reste plus à Arthur et ses chevaliers de s'y réunir pour trouver le Saint Graal. La tache est ardue, surtout pour un tas de cons.

 

Les 4 premières saisons sont constituées de 100 épisodes en format très court (3 min). Ils ont été diffusés sur M6 au rythme d'un épisode par soir un peu avant 20h. Je dois dire que la force de la série repose sur le gag de répétition et ce format lui va à ravir. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'on les enchaîne en DVD !

Mais tout ceci n'est possible que grâce à un scénario béton. Kaamelott est extrêmement bien écrit. Tous les personnages sont uniques en leur genre et ne peuvent être remplacés. Et le pire c'est que ce sont tous des cons (le Roi Arthur excepté). Mais attention, il ne s'agit pas de "loosers" ou encore de clowns ou d'imbéciles. Non, ce sont des cons de toutes les espèces différentes possible. C'est un écriture difficile qu'Alexandre Astier a superbement réalisé car c'est dur de savoir faire exister un con dans sa longueur et sa crédibilité. Perceval, un des meilleurs exemples, n'est pas un retardé mental, c'est juste un péquenot sans éducation mais pourtant doué d'un don en mathématique époustouflant. Karadoc, son coéquipier ne vit que pour la nourriture mais n'en sait guère plus sur la vie que Perceval sortie de ce domaine. La reine Guenièvre est naise mais gentille. Gauvin est un ado rebelle dans un corps de 25 ans, s'exprimant un peu comme Calvin (de Calvin & Hobbes). Les exemples sont nombreux.

 

L'autre tour de force est d'avoir su si bien appliquer un langage courant, contemporain, à ses personnages médivaux anglais. Le texte coule toujours de source et le spectateur en comprend ainsi très facilement les tenants et les aboutissants de l'histoire. Même, le spectateur se sent plus intelligent que Perceval ou toute la compagnie. C'est la preuve, encore une fois d'une excellente écriture.

 

Ne mettons pas tout les honneurs sur le compte d'Alexandre Astier. Les acteurs portent aussi très très bien leur rôle. Bien qu'ils soient chapotés de prêt par Astier pendant le tournage, leur jeu à tous est excellent. Guenièvre, Merlin, Perceval etc… tous brillent par leur interprétation unique du con.

 

Desproges hurlait "IL EST DUR DE FAIRE RIRE !", je le rejoins et j'applaudis Alexandre Astier.

 

Puis tout bouge. La 4eme saison sonne le glas de l'humour pure et scénarise une suite travaillée avec soins. Fini les gags qui menacent de péricliter et bonjour une trame un peu plus sérieuse, parsemé de l'humour Kaamelott. Tensions et clash avec Lancelot, Guenièvre quitte le château pour suivre son amour secret… Quand à la 5eme saison, elle prend encore nettement plus une tournure tragique et évolue de format pour permettre de mieux suivre les événements. Elle passe à 50 épisodes de 7 min remonté en 8 épisodes de 40 min. J'ai préféré le format 7 min car il laisse plus de place à des séquences humoristiques ou des séquences poétiques plus profondes qui permettent de laissé souffler le spectateur ou de le concentrer davantage. De plus le remontage en 40 min laisse parfois un peu à désiré, victime selon moi, des restes d'un côté un peu amateur dans le montage.

 

Pour finir la 6eme saison est composée de 9 épisodes de 40 min uniquement, retraçant la jeunesse d'Arthur et la transition entre son éducation romaine et sa monté sur le trône du royaume de Logre accompagné d'Excalibur. Avec subtilité, cette saison allie le destin du jeune Arthur(os) et les dialogues si fins des protagonistes pour finir sur une suite directe de la saison 5 si tragique. On ressent un forte amélioration du budget pour retrouver une ville de Rome hyper réaliste et des décors impeccables ainsi qu'un meilleur montage. La musique jouera d'ailleurs un plus grand rôle, composé par Astier lui-même, elle bénéfice d'un travail bien supérieur aux saisons précédentes (la forme de celles-ci ne s'y prétait pas vraiment non plus). Alors que les épisodes de 40 min de la saison 5 m'étaient un peu restés sur le gosier, ceux de la saison 6 (cette fois définitivement pensés sous cette forme) m'ont beaucoup plu.

 

Bref, personnelement, moi, je…

À mes yeux, Kaamelott mérite amplement sa popularité et je lui souhaite une plus grande réussite encore. Espérons que le fameux "Kaamelott Résistance", la suite des aventures sous la forme d'une trilogie au cinéma, sera d'une qualité tout aussi bonne voir même meilleure ! Si vous êtes comme moi, un(e) des rares a ne vous être pas penché sur cette série française, jetez-vous dessus les yeux fermés. Elle bénéficie de beaucoup d'atouts que nos médiocres séries télévisuelle actuelles devraient s'inspirer. Kaamelott, que du bon !

Publié dans Séries à voir

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Jean Gordini 26/04/2011 00:00


Les décors de la saison 6 viennent de la série Rome, tournée à Cinecitta, produite par HBO. C'est pour ça qu'ils sont super bien.