Black Swan : Une bien pauvre Kon

Publié le par Glauktier

Natalie, Natalie, Natalie. Une film avec Natalie Portman en premier rôle, ça ne se refuse pas. Déjà qu'elle est très agréable pour les yeux, elle est doté d'un sens inné de l'actorat. Black Swan, sorti tout récemment le 9 février 2011 dans nos salles de cinéma, sentait bon de par la tête d'affiche, la thématique et le réalisateur ("Requiem for a Dream" quand même !). Mais, le Cygne Noir arrivera-t-il au niveau du Bleu Parfait ?

 

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Nina est une jeune ballerine qui va vivre la plus grande chance de sa vie. Sélectionné pour incarner le Cygne Blanc du Lac des Cygnes, elle doit se dépasser pour réussir à incarner le Cygne Noir, son double maléfique. Mais le dépassement de soi n'est pas sans difficulté ni conséquence…

 

Black Swan fait parti de ces films où, lorsque vous avez vu le trailer, vous avez vu le film. Avec juste cette phrase, je viens de vous spoiler.

 

Black Swan fait aussi parti de ces films qui vous disent quelque chose durant l'intégralité du film. Tout. De la psychologie de l'héroïne aux thématiques développées jusqu'aux comportements des seconds rôles. Mince, vous avez déjà vu ça quelque part mais où ? Et bien partout. Pour moi, Black Swan ressort des clichés, des déjà-vues* (*en français dans le texte), par dizaines. La fin, on la connait déjà au début, les personnages, on sait déjà comment ils vont évolués, et les thématiques ont déjà été visitées et revisitées. 

J'en veux pour exemple l'excellent film d'animation Perfect Blue de feu Satoshi Kon, qui narre les péripéties d'une Idol qui fait ses premiers pas dans le monde de l'audiovisuel japonais. S'en suit un thriller palpitant puisque sa transition de métier entraine une mystérieuse série de meurtre autour d'elle. Indirectement visée, le stress l'enfonce dans un délire schyzophrène à couper le souffle. Honnêtement, Black Swan en est tellement plagié que j'ai été un peu outré de ne pas avoir vu quelque part sur les génériques "inspiré de…".

Mais le plagiat (où la redondance du sujet, pour ceux qui ne voudraient pas l'admettre) n'est pas la seule chose que je reproche à Black Swan. Tout son déroulement est le contraire du mot "subtilité". J'ai l'impression que, désormais, une grande partie des réalisateurs américains (ou des producteurs) pensent que la subtilité c'est de "ne pas dire directement ce qui se passe". Non, la subtilité c'est faire acte de sensibilité, de vérité et d'originalité dans le déroulement des évènements. Black Swan ne dit pas directement les causes mais les écrit sur les murs en très gros avec un feutre rouge. Black Swan ne nous décortique pas subtilement non plus les coulisses des balais. Ce film nous décrit avec des images très claires, l'envie, la jalousie et les échanges "vilains" entre les ballerines. Black Swan ne nous décrit habilement les sentiments d'une jeune fille qui doit se dépasser et explorer un monde qu'elle ne connait pas, non. Ce film caricature terriblement l'aspect du fantasme de pureté et l'aspect du "trash" (opposition entre "une vie d'entrainement" et "se lâcher en prenant de la drogue et baiser avec des keums").

 

Et puis, avec Natalie Portman en tête d'affiche sur le thème de la danse classique, je m'attendais à un film sensible au niveau de l'image et une véritable mise scène mettant en valeur la beauté des gestes et la beauté de l'actrice. Hélas, non. Nous avons là "Une Aventure de Nathalie et Portman" dans les coulisses en bétons et parpaings de la salle de répétition, point. Peu de scènes de danse, peu d'images recherchées, peu de sensibilité visuelle. Juste la tête de Natalie en gros plan 3 fois sur 5 à l'image et de du suspens prémachés accentués à coup de zoom instantané. Black Swan c'est un thriller et en plus, déjà-vue !

 

Nominé aux Oscars… Bah j'en suis pas certain. Là dessus, j'émettrais une réserve car je l'ai vu en VF et cela a pu entacher un peu la prestation de Natalie. Néanmoins, je n'ai pas été subjugué par son interprétation. Certes elle n'est pas la première venue niveau jeu d'acteur mais bon… elle n'est pas fracassante, pas saisissante. Disons que j'ai vu pendant 1H30 Natalie Portman qui se débat avec les problèmes personnels de Nina la ballerine. Elle ne m'a pas fait oublier sa personne. Par contre, j'ai été impressionné par les scènes ou Natalie danse, car cette pratique de haut niveau nécessite beaucoup d'effort et même si elle ne donne que l'illusion, je note une véritable prise de risque de sa part. Bon, pour les autres qui ne s'intéressent pas à la danse classique, il reste une compensation.

 

Enfin le détail de la musique. Celle-ci nous fait écouter et ré-écouter les grands morceaux classiques du Lac des Cygnes et  ponctue les instants de suspens et le reste des séquences par les instruments d'orchestre. Cependant, j'ai trouvé là une bande-son bien fade qui n'aide pas le film. Peut-être aurait été plus intéressant que le compositeur "s'amuse" avec les morceaux célèbres et les traite avec plus de travail et de façon moins pompeuse. Ne rester que dans le domaine du "classique" c'est se fermer des portes.

 

Pour conclure, je n'ai pas été séduit par ce film malgré cette bonne actrice. La thématique redondante, l'aspect simpliste, l'image froide et la musique peu travaillée ne m'ont pas plu. Ce n'est pas forcement un "mauvais film"  mais simplement, je pense, une oeuvre surestimé, surtout vis à vis des critiques. Certains y trouveront surement leur bonheur, je n'en doute pas, mais à mon sens, il y a beaucoup mieux.

Publié dans Pour les curieux

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Van 18/02/2011 13:52


Vu et revu...
Rien d'original, on ce console avec le fait qu'on voit effectivement Natalie en gros plan sur 95% du film.
Sinon pour voir un bon film d'Aronofsky ben déjà c'est pas celui la et je conseillerai plutôt PI ou Requiem bien sur