Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 13:30

Cette fois je présente quelque chose de relativement nouveau compte tenu du fait que ce manga est sorti dans le mois d'avril 2011 en France et c'est même dans la thématique de Pâque que je vous en parle. Pendant mon séjour au Japon j'ai pu remarquer les 4 volumes sorties sans pouvoir les feuilleter faute de langage commun (entre moi et le manga) mais maintenant je suis bien content de parcourir les pages traduites en français !

 

Les-vacances-de-Jésus-et-Bouddha-tome-1-de-Hikaru-Nakamura

 

Après avoir bien travaillé au Ciel, Jésus et Bouddha prennent des vacances au Japon. Quelle bonne idée ! Ils louent un petit appartement et commencent à vivre leur petites aventures à la découverte du monde moderne Nippon. À la supérette, on prend Jésus pour Johnny Depp alors que Bouddha est pris pour… lui-même ! Jésus s'intéresse aux nouvelles technologies et alimente un blog très consulté pendant que Bouddha, à cheval sur l'argent du pot commun, découvre le génie d'Ozamu Tézuka (le père du manga "Astro Boy" etc…) en lisant le manga "Bouddha" ce qui ne manquera pas de lui inspirer une grande passion pour cette culture.

 

Voila une bonne surprise. Je crois que le titre reflète parfaitement le ton de l'oeuvre. Quelque chose de léger. Le dessin ajoute l'élément incongrue qui déclenchera l'amusement voir le rire: l'association des plus grandes figures du Christianisme et du Bouddhisme qui trainent dans notre monde actuel, vétues de Jean's et de T-shirt blanc aux écritures toujours différentes et ironiques. Une mode vestimentaire très jeune. Les deux personnages sont fendars et formeront même une petite vie de couple originale.

 

On lit très simplement les petites histoires sans fil rouge particulier qui nous emmènent dans le japon d'aujourd'hui. Avoir visité le pays ou connaitre la culture japonaise est clairement un avantage pour en comprendre les enjeux et les gags mais même un néophyte y trouve son compte puisque la traduction à pris soin d'indiquer subtilement, à travers les termes ou les dialogues, les tenants des évènements. De même le lettrage est de bonne qualité et de façon général, Kurokawa nous propose un bon produit.

 

Si vous voulez un bon manga léger et drôle, je ne saurais que vous conseiller Les vacances de Jésus et Bouddha qui prend à contrepied les clichés des deux religions. Bonnes blagues jamais trop lourdes ou trop sérieuses, on se prend vite d'affection pour nos deux Figures. Un très bon moment, vivement la suite !

Par Glauktier - Publié dans : Mangas à lire - Communauté : Univers Geek
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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 09:35

Une fois de plus, j'accuse un retard, mais peu importe car quand il s'agit de courir, je pars à point et non à chute. Excellente phrase d'introduction qui ne veux rien dire et même qui me ridiculise devant toute la Toile, une fois de plus. Kaamelott, à l'époque de ses diffusion sur M6, ne me faisait ni chaud ni froid. Clairement je n'avais pas pris le temps de me pencher dessus, préjugeant la série tel un erzats de "Samantha" et autres "Plus Belle la Vie" pas foutu d'aligner un texte juste ET drôle. Il faut dire à ma décharge que je regardais peu la TV à cette époque. Ben voila que je l'ai eu dans l'os, l'emblème M6 ayant fait plus de mal que de bien… il s'agissait là d'un produit de qualité mais je ne vous apprend rien.

 

kaamelott

 

La forteresse de Kaamelott est érigée, la table ronde est prête, il ne reste plus à Arthur et ses chevaliers de s'y réunir pour trouver le Saint Graal. La tache est ardue, surtout pour un tas de cons.

 

Les 4 premières saisons sont constituées de 100 épisodes en format très court (3 min). Ils ont été diffusés sur M6 au rythme d'un épisode par soir un peu avant 20h. Je dois dire que la force de la série repose sur le gag de répétition et ce format lui va à ravir. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'on les enchaîne en DVD !

Mais tout ceci n'est possible que grâce à un scénario béton. Kaamelott est extrêmement bien écrit. Tous les personnages sont uniques en leur genre et ne peuvent être remplacés. Et le pire c'est que ce sont tous des cons (le Roi Arthur excepté). Mais attention, il ne s'agit pas de "loosers" ou encore de clowns ou d'imbéciles. Non, ce sont des cons de toutes les espèces différentes possible. C'est un écriture difficile qu'Alexandre Astier a superbement réalisé car c'est dur de savoir faire exister un con dans sa longueur et sa crédibilité. Perceval, un des meilleurs exemples, n'est pas un retardé mental, c'est juste un péquenot sans éducation mais pourtant doué d'un don en mathématique époustouflant. Karadoc, son coéquipier ne vit que pour la nourriture mais n'en sait guère plus sur la vie que Perceval sortie de ce domaine. La reine Guenièvre est naise mais gentille. Gauvin est un ado rebelle dans un corps de 25 ans, s'exprimant un peu comme Calvin (de Calvin & Hobbes). Les exemples sont nombreux.

 

L'autre tour de force est d'avoir su si bien appliquer un langage courant, contemporain, à ses personnages médivaux anglais. Le texte coule toujours de source et le spectateur en comprend ainsi très facilement les tenants et les aboutissants de l'histoire. Même, le spectateur se sent plus intelligent que Perceval ou toute la compagnie. C'est la preuve, encore une fois d'une excellente écriture.

 

Ne mettons pas tout les honneurs sur le compte d'Alexandre Astier. Les acteurs portent aussi très très bien leur rôle. Bien qu'ils soient chapotés de prêt par Astier pendant le tournage, leur jeu à tous est excellent. Guenièvre, Merlin, Perceval etc… tous brillent par leur interprétation unique du con.

 

Desproges hurlait "IL EST DUR DE FAIRE RIRE !", je le rejoins et j'applaudis Alexandre Astier.

 

Puis tout bouge. La 4eme saison sonne le glas de l'humour pure et scénarise une suite travaillée avec soins. Fini les gags qui menacent de péricliter et bonjour une trame un peu plus sérieuse, parsemé de l'humour Kaamelott. Tensions et clash avec Lancelot, Guenièvre quitte le château pour suivre son amour secret… Quand à la 5eme saison, elle prend encore nettement plus une tournure tragique et évolue de format pour permettre de mieux suivre les événements. Elle passe à 50 épisodes de 7 min remonté en 8 épisodes de 40 min. J'ai préféré le format 7 min car il laisse plus de place à des séquences humoristiques ou des séquences poétiques plus profondes qui permettent de laissé souffler le spectateur ou de le concentrer davantage. De plus le remontage en 40 min laisse parfois un peu à désiré, victime selon moi, des restes d'un côté un peu amateur dans le montage.

 

Pour finir la 6eme saison est composée de 9 épisodes de 40 min uniquement, retraçant la jeunesse d'Arthur et la transition entre son éducation romaine et sa monté sur le trône du royaume de Logre accompagné d'Excalibur. Avec subtilité, cette saison allie le destin du jeune Arthur(os) et les dialogues si fins des protagonistes pour finir sur une suite directe de la saison 5 si tragique. On ressent un forte amélioration du budget pour retrouver une ville de Rome hyper réaliste et des décors impeccables ainsi qu'un meilleur montage. La musique jouera d'ailleurs un plus grand rôle, composé par Astier lui-même, elle bénéfice d'un travail bien supérieur aux saisons précédentes (la forme de celles-ci ne s'y prétait pas vraiment non plus). Alors que les épisodes de 40 min de la saison 5 m'étaient un peu restés sur le gosier, ceux de la saison 6 (cette fois définitivement pensés sous cette forme) m'ont beaucoup plu.

 

Bref, personnelement, moi, je…

À mes yeux, Kaamelott mérite amplement sa popularité et je lui souhaite une plus grande réussite encore. Espérons que le fameux "Kaamelott Résistance", la suite des aventures sous la forme d'une trilogie au cinéma, sera d'une qualité tout aussi bonne voir même meilleure ! Si vous êtes comme moi, un(e) des rares a ne vous être pas penché sur cette série française, jetez-vous dessus les yeux fermés. Elle bénéficie de beaucoup d'atouts que nos médiocres séries télévisuelle actuelles devraient s'inspirer. Kaamelott, que du bon !

Par Glauktier - Publié dans : Séries à voir - Communauté : Univers Geek
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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 10:51

Alors que j'avais énormément d'a priori sur ce film et son réalisateur, alors que j'avais juré de ne jamais voir ce film, d'abord par principe puis ensuite par bêtise, alors qu'il aurai fallu m'attacher et me mettre des allumettes entre les paupières pour que mon regard rencontre les scènes de ce film… mon destin en a décidé autrement. À cause d'un paris perdu, j'ai du regarder intégralement cet immense succès français pour me rendre compte de l'évidence: j'ai encore une fois dans l'erreur totale. Bienvenue chez les Ch'tits est excellentissime.

 

bienvenue

 

Philippe travaille à la Poste dans les Bouches-du-Rhône. Sa vie de famille est rébarbative et leur espoir se porte sur une mutation dans le sud de la France que pourrait obtenir Philippe. Mais d'autres postiers - des handicapés - lorgnent aussi sur cette mutation profitent de leur avantage physique pour obtenir une priorité injuste. Quoi qu'il en soit, en bon français, Philippe se maquille en handicapé pour passer le concours mais hélas, il se fait prendre. Pour le punir, les autorités Postales le mutent dans le Nord, près de Dunkerque. Histoire de faciliter les choses, sa femme le rend responsable de son incompétence et refuse de l'accompagner. Philippe doit aller travailler seul dans une région bourré de mongolitos (cf l'affiche)…

 

Déjà le synopsis m'a illuminé de sa vision magistrale d'un problème primordial français: les Handicapés. Placés en ligne de mire, d'abord les boiteux, les pieds-bots, les feignants, les diminués, les hommes-troncs, le film s'attaque durement au fond du problème: les retardés mentaux congénitaux du Nord. Ce sont eux qui mettent à mal le système social de la France (si on se renseigne un peu sur Wikipédia, on peut voir que 68% des aides sociales françaises sont redistribués dans cette région). Avec ça en ligne de fond, on ne peut qu'applaudir. Jamais ce problème là n'a été traité au cinéma, à part peut-être le 8eme jour avec Daniel Auteuil, notre Rain Man français. Bravo pour ce courage inattendu qui va contre vents et marées.

 

Second problème social soulevé: les femmes ! Car si l'on suit tout au long du film une amitié proche de l'homosexualité entre Philippe (Kad Mérad) et Antoine (Dany Boon), le fond du film traite surtout du courage de Philippe; l'homme du couple qui tente de faire tenir droit son mariage avec une femme volage, irresponsable, hypocrite et clairement malhonnête. Malgré tout, la bienséance finit par triompher et son alter-égo finit par entendre raison en obéissant corps et âme à son mari jusqu'à ce que la mort les sépare. Un exemple à suivre !

 

On peut même penser que Dany Boon était visionnaire car si il a écrit son scénario en 2006 et sorti son film en 2008, c'est clairement une prédiction de la monté du FN entre 2011-2012. Mon oeil d'expert n'a pas laissé s'échapper le détail suprême de la scène de baiser entre Philippe et Antoine où, sur le mur, on peut apercevoir une photo de Marine Le Pen en présidente de la république. Frappant n'est-ce pas ? C'est clairement un appel à la solution finale que devrait appliquer la France (si vous permettez que j'expose mon avis personnel sur la question): Débarrasser toute cette région de ses habitants incapables qui plombent le pays. Résultat: moins de fuites d'argent dans les caisses pour ces aides sociales inutiles, un grand coup d'air pour l'immobilier qui pourrait voir alors offrir de nouvelles habitations à prix réduits et la réouverture d'un programme de tourisme intra-muros dans le cette région du Nord si fuit par les français afin de rebooster l'économie nationale. Et tout ça c'est dans le programme de la Marine !

 

Retour au film où survient par la suite le jeu des acteurs. C'est simple, Dany Boon m'a époustouflé. On croirait un vrai de vrai, avec les oreilles en feuilles de choux et le sourire hagard et baveux. Déjà je l'avais soupçonné d'une telle perfection dans Micmac à Tire Larigot mais là je tire mon chapeau. Sans rire, il a tout compris aux mongols ce type. Ce soir je regarde ses One-Man-Show à la suite afin de m'en remettre une couche !

Kad Mérad est fidèle à lui-même. Bon type honnête il essaye tant bien que mal d'aider sa femme à avoir une vie normal. Autant de sacrifices ne peuvent laisser ma carapace de préjugés intacte. Il m'a tiré une larme.

D'autres seconds rôles sont excellents mais je ne vais pas les décrire tout aussi bien. Michel Galabru, Line Renaud, Zoé Félix et j'en passe beaucoup, crèvent tous l'écran. Un choix de casting sensationnel que j'embrasse tendrement.

 

Mais tout ce film ne fonctionnerai pas si il n'y avait cette musique aussi percutante que celle de Philippe Rombi, compositeur du film. Ni une ni deux, je me suis procuré les mp3 de merveilles sur Itunes Store et je dois dire que le thème "Gogolz" qui intervient tout le long du film est énorme ! (c'est bien simple, c'est ma nouvelle sonnerie d'Iphone). J'accroche aussi beaucoup sur le titre appelé subtilement "12 de QI" ainsi que "Femmes au volant, mortes au tournant".

 

Enfin bref, personnellement, moi, je…

 

Bienvenue chez les Ch'tits est une perle du cinéma français, c'est véridique. Juste, subtile, drôle, bien joué, crédible et plein de charme, vous passerez 1h30 de pure bonheur. Ne vous privez pas, il serait fort dommage de rater ça ! Ne faites pas comme moi qui a perdu lamentablement 3 ans de ma vie depuis sa sortie en 2008. Saisissez votre chance d'autant plus que les DVD (ou le Blu-ray pour une expérience encore plus intense !!) ne doit plus être bien chère. Ne le téléchargez pas, vous feriez du mal à l'industrie du cinéma français qui, pour une telle merveille, mérite qu'on le voit en de bonne condition et en ayant payé tous ces artistes.

 

Vous savez ce qu'il vous reste à faire en ce soir de 1er Avril !

 

Par Glauktier - Publié dans : Grosses daubes
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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 09:20

J'ai envie de dire "tout est dans le titre". Roman Polanksi signe un nouveau film et au vue des récompenses qu'il a obtenu, le monde du cinéma courbe l'échine. Ce n'est pas sans compter votre fidèle (HUM !) chroniqueur, viré outrageusement de chez Radio France pour avoir dénoncé publiquement que notre président était chauve…

 

writer1

 

L'homme que nous voyons, trimbalant, comme un âne irresponsable, son travail qui se répand au gré du vent, est un nègre littéraire. Un célèbre, même ! De bon matin, son agent (qui sera plus tard responsable d'une troupe de survivants en proie à des hordes de zombies) lui trouve un place en or: remplacer le nègre décédé de l'ancien premier ministre anglais et en finir les mémoires (ou sa biographie). Le poste est urgent, bien payé mais très mystérieux. Notre nègre est alors emmené jusqu'à la résidence personnelle et très bien gardé d'Adam Lang, sur une île pas très habité au large de la Nouvelle-Angleterre. Valdingué entre toutes les mesures de sécurité, notre héros subit le coeur d'une crise nationale mettant à mal la popularité de Lang, accusé d'avoir livré des prisonniers terroristes à la CIA afin qu'ils y soient torturés. Ne craignez rien, vous comprendrez tout pendant le film.

 

Il y a plusieurs choses très réussies dans ce film. En premier lieu, l'ambiance, l'atmosphère. Filmé dans une tonalité grise alimentée par la mauvaise météo et à l'image du plomb qu'a dans l'estomac notre héros, on rentre dedans en clin d'oeil et on reconnaît la patte du maître. L'île quasi désertique, la maison (aussi moderne et protégé que froide), la mer scellant les résidents à terre au bord des flots, le ferry comme unique échappatoire et lieu du précédent "homicide"… tout est fait pour vous sentir prisonnier sans l'être concrètement. 

 

Les relations qu'entretiennent les personnages entre eux seront aussi une clef du malaise et du mystère entretenu tout au long du film. Des non-dits ? Un mort dans le placard ? infidélités ? Pire encore ? Notre bon Obi-Wa… Ewan McGregor se fait torpiller à longueur de temps, pauvre innocent qu'il est. Pierce Brosnan est un ex-premier ministre colérique, tendue et mystérieux, parfois sensible et victime puis parfois sombre à en faire frissonner l'échine. Pourtant ce ne sont pas les acteurs qui m'ont marqués.

 

Le mystère du film, on le l'obtient pas tout de suite. On rentre d'abord dans les relations compliquées et dans la pesanteur des lieux. Puis vient l'intrigue. Comment ? Le précédent nègre très apprécié de la famille n'aurai pas trouvé la mort dans un accident ? Comment il a laissé des documents secrets ? et patiti et patata. Pourtant Roman Polanski sait parfaitement diriger une intrigue et sa technique est irréprochable mais je n'ai pas accroché. En premier lieu parce que les tenants et les aboutissants du mystère sont soit déjà vues, soient mal expliqué au début. Ce n'est que vers la fin du film qu'on comprend vraiment les enjeux et encore, cela parait si loin de nous qu'au final on se bon "Ouais bon… tout ça pour ça.". Complots, mensonges et calomnies se jouent au dessus de nos tête pendant bien 1h de film. On apprécie l'ambiance mais on suit le film de loin.

 

Le concept du film (adapté du livre L'Homme de l'ombre de Robert Harris) reste intéressant en jouant sur le principe du nègre qui fait la lumière sur un mystère entourant son client, un ancien premier ministre et toute sa politique. D'ailleurs le film est doté d'un détail non négligeable. Vous ne connaitrez jamais le nom du héros car comme le veut son rôle, c'est un "ghost" (il se présente tout le temps comme ça). Une personne faite pour ne jamais être mis en avant.

 

Bref, personnellement, moi, je…

Autant The Ghost writer est un film techniquement réussi, autant je dirais que comme dans Top Chef, il lui manque de créativité. Un bon film allie technique ET créativité. À mon goût il ne mérite pas tout les césars qu'il a remporté et il ferai bien d'en passer un à Almodovar. Quoi qu'il en soit, si vous le regardez, vous apprécierez le film (bien qu'il soit looooooooooong à mes yeux) mais peut-être qu'il ne marquera pas plus que ça. Est-ce que c'est cela qu'on attend du césar du meilleur film ?

Par Glauktier - Publié dans : Pour les curieux
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 18:59

Natalie, Natalie, Natalie. Une film avec Natalie Portman en premier rôle, ça ne se refuse pas. Déjà qu'elle est très agréable pour les yeux, elle est doté d'un sens inné de l'actorat. Black Swan, sorti tout récemment le 9 février 2011 dans nos salles de cinéma, sentait bon de par la tête d'affiche, la thématique et le réalisateur ("Requiem for a Dream" quand même !). Mais, le Cygne Noir arrivera-t-il au niveau du Bleu Parfait ?

 

black-swan

 

Nina est une jeune ballerine qui va vivre la plus grande chance de sa vie. Sélectionné pour incarner le Cygne Blanc du Lac des Cygnes, elle doit se dépasser pour réussir à incarner le Cygne Noir, son double maléfique. Mais le dépassement de soi n'est pas sans difficulté ni conséquence…

 

Black Swan fait parti de ces films où, lorsque vous avez vu le trailer, vous avez vu le film. Avec juste cette phrase, je viens de vous spoiler.

 

Black Swan fait aussi parti de ces films qui vous disent quelque chose durant l'intégralité du film. Tout. De la psychologie de l'héroïne aux thématiques développées jusqu'aux comportements des seconds rôles. Mince, vous avez déjà vu ça quelque part mais où ? Et bien partout. Pour moi, Black Swan ressort des clichés, des déjà-vues* (*en français dans le texte), par dizaines. La fin, on la connait déjà au début, les personnages, on sait déjà comment ils vont évolués, et les thématiques ont déjà été visitées et revisitées. 

J'en veux pour exemple l'excellent film d'animation Perfect Blue de feu Satoshi Kon, qui narre les péripéties d'une Idol qui fait ses premiers pas dans le monde de l'audiovisuel japonais. S'en suit un thriller palpitant puisque sa transition de métier entraine une mystérieuse série de meurtre autour d'elle. Indirectement visée, le stress l'enfonce dans un délire schyzophrène à couper le souffle. Honnêtement, Black Swan en est tellement plagié que j'ai été un peu outré de ne pas avoir vu quelque part sur les génériques "inspiré de…".

Mais le plagiat (où la redondance du sujet, pour ceux qui ne voudraient pas l'admettre) n'est pas la seule chose que je reproche à Black Swan. Tout son déroulement est le contraire du mot "subtilité". J'ai l'impression que, désormais, une grande partie des réalisateurs américains (ou des producteurs) pensent que la subtilité c'est de "ne pas dire directement ce qui se passe". Non, la subtilité c'est faire acte de sensibilité, de vérité et d'originalité dans le déroulement des évènements. Black Swan ne dit pas directement les causes mais les écrit sur les murs en très gros avec un feutre rouge. Black Swan ne nous décortique pas subtilement non plus les coulisses des balais. Ce film nous décrit avec des images très claires, l'envie, la jalousie et les échanges "vilains" entre les ballerines. Black Swan ne nous décrit habilement les sentiments d'une jeune fille qui doit se dépasser et explorer un monde qu'elle ne connait pas, non. Ce film caricature terriblement l'aspect du fantasme de pureté et l'aspect du "trash" (opposition entre "une vie d'entrainement" et "se lâcher en prenant de la drogue et baiser avec des keums").

 

Et puis, avec Natalie Portman en tête d'affiche sur le thème de la danse classique, je m'attendais à un film sensible au niveau de l'image et une véritable mise scène mettant en valeur la beauté des gestes et la beauté de l'actrice. Hélas, non. Nous avons là "Une Aventure de Nathalie et Portman" dans les coulisses en bétons et parpaings de la salle de répétition, point. Peu de scènes de danse, peu d'images recherchées, peu de sensibilité visuelle. Juste la tête de Natalie en gros plan 3 fois sur 5 à l'image et de du suspens prémachés accentués à coup de zoom instantané. Black Swan c'est un thriller et en plus, déjà-vue !

 

Nominé aux Oscars… Bah j'en suis pas certain. Là dessus, j'émettrais une réserve car je l'ai vu en VF et cela a pu entacher un peu la prestation de Natalie. Néanmoins, je n'ai pas été subjugué par son interprétation. Certes elle n'est pas la première venue niveau jeu d'acteur mais bon… elle n'est pas fracassante, pas saisissante. Disons que j'ai vu pendant 1H30 Natalie Portman qui se débat avec les problèmes personnels de Nina la ballerine. Elle ne m'a pas fait oublier sa personne. Par contre, j'ai été impressionné par les scènes ou Natalie danse, car cette pratique de haut niveau nécessite beaucoup d'effort et même si elle ne donne que l'illusion, je note une véritable prise de risque de sa part. Bon, pour les autres qui ne s'intéressent pas à la danse classique, il reste une compensation.

 

Enfin le détail de la musique. Celle-ci nous fait écouter et ré-écouter les grands morceaux classiques du Lac des Cygnes et  ponctue les instants de suspens et le reste des séquences par les instruments d'orchestre. Cependant, j'ai trouvé là une bande-son bien fade qui n'aide pas le film. Peut-être aurait été plus intéressant que le compositeur "s'amuse" avec les morceaux célèbres et les traite avec plus de travail et de façon moins pompeuse. Ne rester que dans le domaine du "classique" c'est se fermer des portes.

 

Pour conclure, je n'ai pas été séduit par ce film malgré cette bonne actrice. La thématique redondante, l'aspect simpliste, l'image froide et la musique peu travaillée ne m'ont pas plu. Ce n'est pas forcement un "mauvais film"  mais simplement, je pense, une oeuvre surestimé, surtout vis à vis des critiques. Certains y trouveront surement leur bonheur, je n'en doute pas, mais à mon sens, il y a beaucoup mieux.

Par Glauktier - Publié dans : Pour les curieux - Communauté : Univers Geek
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